Yom HaShoah : cérémonie de commémoration de la Shoah à Roglit

Chaque année en Israël, un hommage est rendu lors de Yom HaShoah aux 6 millions de Juifs assassinés durant la Seconde Guerre mondiale. L’Ambassadrice de France en Israël, Hélène Le Gal, a pris part ce matin, avec Beate et Arno Klarsfeld pour l’association des Fils et filles des déportés juifs de France, à la cérémonie de commémoration de la Shoah à Roglit, lieu dédié aux victimes juives déportées depuis la France.

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Dans son discours, l’Ambassadrice a rappelé la responsabilité de la France dans la déportation :

« Les 16 et 17 juillet 1942, 4 500 policiers et gendarmes français, sous les ordres des autorités françaises, procédaient à l’arrestation de plus de 13 000 juifs à Paris et en banlieue, dont plus de 4 000 enfants, et aucun ne revint. Oui, la France est responsable de la rafle du Vel d’Hiv. Oui la France a collaboré à cette folie criminelle. Cette vérité, elle a été reconnue il y a 22 ans, par le Président de la République française, Jacques Chirac. Et jamais reniée depuis.
Après le Vel d’Hiv, il y eut les rafles de Marseille, et dans toute la France : 76 000 juifs furent déportés vers les camps d’extermination et seuls 2 500 revinrent. Ils ne savaient pas ce qui les attendait. La communauté juive de France a été trahie par les autorités françaises de l’époque. Et pas un seul soldat allemand ne fut mobilisé pour la rafle du Vel d’Hiv. »

Elle est revenue sur le rôle joué par ceux qui ont continué à défendre et préserver les valeurs et les idéaux de la France :
« L’honneur de la France n’a pu être préservé que par les milliers de Justes qui ont sauvé des juifs, au péril de leur vie. Grâce à eux, les trois quart des juifs de France n’ont pas été déportés. L’honneur de la France, c’était également le Général de Gaulle à Londres, la Résistance intérieure, les soldats de la France libre et les organisations juives comme l’OSE, l’Oeuvre de Secours aux Enfants, qui sauva plus de 5 000 enfants. »

Elle a également évoqué les enjeux contemporains autour de la mémoire de la Shoah, notamment au regard de la lutte toujours nécessaire contre l’antisémitisme :
« Aujourd’hui, alors que le temps passe, l’enjeu est celui de la mémoire, de la transmission, notamment à travers les programmes scolaires. L’enjeu est aussi de terminer le travail de restitution des biens spoliés. Il y a quelques jours, Audrey Azoulay, Ministre de la Culture, a restitué le dessin d’ « Un berger » de Tiepolo aux ayants droit de Jules et Marie-Louise Strauss, disparus dans les camps de la mort en 1943.

Le devoir de mémoire impose aussi vigilance et détermination. Il faut lutter sans relâche contre le négationnisme et le relativisme. C’est pourquoi il faut rester en alerte, dans notre pays, la France, face à toutes les manifestations d’antisémitisme, grâce à un arsenal législatif permettant de le combattre et d’en punir les auteurs, car l’antisémitisme n’est pas une opinion mais une aberration. La Loi égalité et citoyenneté, adoptée en décembre 2016, renforce encore les peines. La protection de la communauté juive, dans un contexte où notre République est attaquée par des extrémistes violents, est essentielle. Les 717 écoles et lieux de culte juifs de France sont donc protégés par 4 700 policiers et gendarmes. J’ose croire que ces mesures législatives, pénales et policières ont contribué à la baisse de 59 % des actes antisémites en France constatée en 2016 par rapport à 2015. »

« Quand on dit du mal des juifs, tendez l’oreille. On parle de vous »

Enfin, l’Ambassadrice a également tenu à saluer le travail des associations qui portent le combat contre l’antisémitisme ainsi que celles qui s’attèlent au travail de mémoire. « Quand on dit du mal des juifs, tendez l’oreille. On parle de vous » a conclu l’Ambassadrice en citant Franz Fanon.

Copyright « Ambassade de France en Israël »

Dernière modification, le 24/04/2017

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