"Toulouse, un an après" : Tribune de l’Ambassadeur parue dans le quotidien Yedioth Ahronot du 19.03.13

Toulouse, un an après

Myriam Monsonego, Jonathan, Gabriel et Arié Sandler, nous ne vous avons pas oubliés. Assassinés le 19 mars 2012 dans votre chère école, pour la seule raison que vous étiez juifs. Pas plus que nous n’avons oublié les trois parachutistes tués quelques jours plus tôt, également par Merah - Imad Ziaten, Abel Chennouf, Mohamed Legouad - parce que membres d’une armée française qui s’enorgueillit de combattre le terrorisme en Afghanistan et aujourd’hui au Mali. Dimanche dernier, de nombreux Français, en présence du Président de la République, se sont recueillis à Toulouse, en mémoire des victimes, lors d’une cérémonie particulièrement émouvante.
Une atrocité que la France n’avait pas connue depuis la seconde guerre mondiale. La France était il y a un an abasourdie. Tout le pays, du simple citoyen au Président de la République d’alors, Nicolas Sarkozy, avait dénoncé la barbarie. La France était en deuil et pleurait ses enfants. Un élan unique de communion.

Dans cette épreuve, la France et Israël ont été solidaires. François Hollande et Benyamin Netanyahu ont souhaité le réaffirmer avec force le 1er novembre dernier en venant ensemble à l’école Or Torah.

Je pense aujourd’hui à Samuel Sandler, père et grand père des victimes, qui, même dans la plus extrême douleur, a toujours, avec une sagesse infinie, écarté toute idée de vengeance. Je pense aujourd’hui au rav Yacov Monsonego, dont la fille a été tuée sous ses yeux, dans l’école qu’il dirige. J’ai encore été saisi lors de la Hazkara, par son courage bouleversant et celui de son épouse Yaffa, qui sont restés à Toulouse et envers qui l’école, la communauté, Toulouse sont infiniment reconnaissants.
L’assassin a été tué, refusant de se rendre. Son frère est poursuivi par la justice. D’autres complicités recherchées. Le Président Hollande l’a promis : toute la lumière sera faite sur les zones d’ombre qui persistent. Des mesures de protection renforcées des écoles, des synagogues, des centres communautaires ont été prises. Des moyens financiers supplémentaires ont été dégagés. Une loi adoptée pour punir ceux qui s‘entraînent dans camps au Pakistan ou en Afghanistan.

La lutte contre l’antisémitisme et le terrorisme ne doit pas cesser. Notre action est reconnue, souvent saluée et citée en exemple par les autorités israéliennes et les organisations juives. La France en a fait depuis longtemps une priorité nationale, en termes de police, de justice, d’éducation, de législation. Certains criminels cependant continuent de défier notre pays. L’antisémitisme a connu un triste bilan en 2012, renouant avec les niveaux élevés du début des années 2000. Un antisémitisme plus violent, transmis via internet, les prisons qui nécessite toujours de nouveaux moyens pour lui faire face.

C’est un combat de tous les jours. Nous serons déterminés car l’antisémitisme heurte au plus profond les valeurs de la République, l’identité de la France. Celui qui s’attaque à un juif s’attaque à tous les Français. Myriam, Arié, Gabriel et Jonathan seront toujours avec nous.

Dernière modification, le 19/03/2013

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