REVUE DE PRESSE. Jeudi 24 mars 2011

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Les Titres
Haaretz (Le pays)

UN MORT ET 50 BLESSES DANS UN ATTENTAT DANS LE CENTRE DE JERUSALEM ;
DES TIRS D’OBUS DE MORTIER
ET DE ROQUETTES GRAD SUR BEER SHEVA

The Jerusalem Post

UNE FEMME A ETE TUEE ET PLUSIEURS DIZAINES DE PERSONNES ONT ETE BLESSEES DANS UN ATTENTAT A LA BOMBE
A JERUSALEM

Maariv (Le soir)

LE TERRORISME EST DE RETOUR

Yediot aharonot
(Les dernières nouvelles)

LE TERRORISME EST DE RETOUR

•ISRAËL-PALESTINIENS

Une femme a été tuée et cinquante personnes ont été blessées dans l’explosion d’une bombe à l’entrée de Jérusalem / Nir Hasson et Yaïr Ettinger – Haaretz

Une femme d’une cinquantaine d’années a été tuée et cinquante personnes ont été blessées, dont deux grièvement, dans l’explosion d’une bombe hier à Jérusalem. L’explosion a eu lieu aux alentours de 15 heures, près d’un arrêt de bus situé à proximité de la gare routière, à l’entrée de la capitale. Suite à cet attentat et aux événements violents dans le sud du pays, le commandant général de la police, Dudi Cohen, a décidé de placer ses services en état d’alerte dans tout le pays.

Selon les premiers éléments de l’enquête, le terroriste aurait placé une valise contenant deux kilogrammes d’explosifs près de l’arrêt de bus. La charge contenait aussi des billes métalliques destinées à causer des dégâts plus importants. La bombe a explosé alors qu’un autobus faisait halte et une femme qui attendait à l’arrêt a été grièvement blessée. Elle a été évacuée vers l’hôpital Hadassah Ein Kérem mais a succombé à ses blessures. Deux jeunes, qui attendaient eux aussi à l’arrêt, ont été gravement blessés.

Parmi les blessés figure un des employés du kiosque situé derrière l’arrêt de bus et qui a déjà connu un attentat semblable dans les années quatre-vingt-dix. Cet employé a remarqué la valise et a téléphoné à la police, mais la bombe a explosé alors qu’il était encore au téléphone.

En tout, ce sont cinquante personnes qui ont été blessées dans l’attentat, dont vingt-six blessés légers et dix-sept personnes qui ont été prises de panique.

Cet attentat met fin à deux ans de calme relatif à Jérusalem qui n’a pas connu d’attentat durant cette période.

Netanyahu a décidé : Une réaction ferme mais pas d’opération d’envergure / Eli Berdenstein – Maariv

Le Premier ministre a décidé de réagir à l’attentat à Jérusalem et aux tirs de roquettes en provenance de Gaza par une série d’actions militaires contre le Hamas et le Jihad islamique, dans la bande de Gaza et, peut-être, en Cisjordanie, mais il n’a pas l’intention de lancer une opération d’envergure qui risquerait de provoquer une escalade dans la région.

« Nous agirons avec fermeté, responsabilité et sagesse pour préserver le calme et la sécurité qui ont régnés au cours des deux dernières années », a déclaré hier M. Netanyahu peu avant d’embarquer en direction de Moscou.

La décision concernant la manière d’agir a été prise au terme de consultations qu’a eues le Premier ministre à l’aéroport avec le ministre de la Défense, Ehud Barak, le ministre chargé de la protection de la population civile, Matan Vilnaï, le directeur du Shabak, Yuval Diskin, et le chef d’état-major, Benny Ganz.

Selon des responsables politiques, le Premier ministre Netanyahu veut trouver le juste milieu entre une riposte dure qui adresserait un message clair et les pressions qu’il subit de la part de Washington et de certains ministres, comme Ehud Barak, qui lui demandent de faire preuve de modération pour éviter que la situation ne dégénère.

M. Netanyahu rencontrera aujourd’hui le président russe, Dmitri Medvedev, et le Premier ministre, Vladimir Poutine. Leurs entretiens porteront essentiellement sur des questions stratégiques et les bouleversements au Moyen-Orient.

Une quatrième roquette Qassam depuis ce matin, Tsahal aurait attaqué dans la bande de Gaza – YNET (site internet du Yediot Aharonot)

Les échanges de tirs se poursuivent dans le sud du pays. Une roquette Qassam tirée a partir du nord de la bande de Gaza s’est abattue jeudi en milieu de journée dans une zone inhabitée de la région Shaar Hanéguev sans faire de blessé ni de dégât. Selon les Palestiniens, Tsahal aurait attaqué des cibles d’organisations terroristes à l’est de Gaza. Cette attaque aurait fait des victimes.

Plus tôt dans la matinée, deux autres roquettes se sont abattues au sud d’Ashkelon et dans la région d’Eshkol, là aussi sans faire de dégât. Dans la nuit, Tsahal a bombardé dans le nord de la bande de Gaza des activistes qui, selon le porte-parole de l’armée, s’apprêtaient à tirer des roquettes.

La dissuasion s’émousse / Alex Fishman – Yediot Aharonot

L’armée pousse à l’escalade. Israël, affirme Tsahal, doit entretenir sa capacité de dissuasion qui s’est émoussée depuis Plomb Durci. Et la prochaine étape, hormis une offensive militaire générale ou une opération terrestre, est la reprise des éliminations ciblées contre la direction du Hamas et du Jihad islamique.

Tandis que le Premier ministre se posait hier la question de savoir si le contexte politique et international actuel rendraient possible une escalade dans la bande de Gaza, l’attentat de Jérusalem a limité sa marge de manœuvre.

Pour l’instant, nul ne prend le temps de se demander s’il existe un rapport entre la bombe posée à Jérusalem et la détérioration de la situation dans le sud du pays. Il est peu probable que ce soit le cas. La région de Jérusalem souffre encore de nombreuses infiltrations. Il est probable que ce soit l’acte de réseaux qui profitent de l’excès de confiance et de la routine qu’ont créés plusieurs années de calme à Jérusalem.

Les Palestiniens menacent de déclarer unilatéralement l’indépendance de leur Etat en septembre. Plus on approchera de cette date, plus s’exprimera la protestation des Palestiniens. Mais, vu les capacités actuelles des organisations palestiniennes en Cisjordanie, il est peu probable que les mois à venir ressemblent à ce qu’on a vu durant la seconde Intifada, lorsque des bus explosaient chaque semaine au cœur des villes.

En cinq jours, Tsahal a tué dans la bande de Gaza quinze Palestiniens, dont quatre civils. L’attentat d’hier ne ressemble pas aux représailles habituelles du Hamas ou du Jihad islamique, mais il y a tout de même une succession d’événements. Et si on ajoute cet attentat à celui d’Itamar et aux tirs de roquettes Grad vers Béer Shéva et Ashkelon, cela ressemble à une escalade. Aujourd’hui on ne parle plus en Israël d’apaisement et d’erreurs, même si des erreurs ont été commises par la nouvelle équipe du chef d’état-major et du commandant de la région sud.

La politique du prix à payer de Netanyahu / Shimon Shiffer – Yediot Aharonot

Netanyahu a probablement évoqué hier, face aux responsables des services de sécurité, la possibilité de reprendre les éliminations ciblées. Il a probablement adopté la position d’Ehud Barak selon laquelle la réaction israélienne doit obliger les dirigeants du Hamas à endosser la responsabilité de ce qui se passe dans la bande de Gaza et à contrôler des organisations comme le Jihad islamique.

Barak et Netanyahu estiment que, pour l’heure, il ne faut pas se laisser entraîner dans une succession de ripostes qui risque de ramener Tsahal à une opération terrestre à Gaza. Les propos virulents de ministres, comme Sylvan Shalom ou Avigdor Liberman, n’impressionnent pas Netanyahu. Le Premier ministre et le ministre de la Défense continueront à tenir des propos fermes dans la presse tout en ordonnant à l’armée d’agir avec prudence et retenue pour ne pas se laisser entraîner vers une guerre dans la bande de Gaza.

Derrière la déclaration vague du Premier ministre, « Nous agirons avec fermeté, responsabilité et sagesse », se cache une réalité : Face à la paralysie du processus de paix, Israël n’a pas aujourd’hui le soutien international nécessaire pour une opération militaire qui ferait des victimes civiles.

Netanyahu sait aussi que, malgré les déclarations, la population dans le sud du pays ne supportera pas longtemps une pluie de roquettes.

Netanyahu a dû établir hier sa politique du prix à payer. Il doit répondre au désir de vengeance naturel des citoyens qui doivent vivre dans la peur mais sait aussi que toute réaction risque d’élever le prix réclamé par l’autre camp. Après deux ans de calme, Netanyahu sera jugé désormais, non pas sur ses déclarations, mais sur sa capacité à offrir calme et sécurité aux Israéliens.

Dans le piège du Hamas / Amit Cohen – Maariv

Hier dans la nuit, peu après minuit, des responsables du Hamas ont adressé à Robert Serry, coordonnateur de l’ONU au Proche-Orient, un message selon lequel ils souhaitent empêcher une escalade de la violence et réclament du temps pour pouvoir calmer les esprits. Quelques heures plus tard a été tiré la première roquette Grad vers Béer Shéva, suivie par une seconde. L’attentat à Jérusalem, qui met fin à une longue période de calme, a lui aussi renforcé le sentiment qu’il s’agit d’une offensive terroriste délibérée.

Cette contradiction, entre le message du Hamas et la réalité sur le terrain, montre combien il est difficile de véritablement savoir si le Hamas recherche l’escalade. Malgré l’image qu’il veut se donner, le Hamas n’est pas monolithique. Certains hauts responsables de l’organisation ne veulent pas d’un nouvel affrontement militaire mais d’autres, que ce soit au sein de la direction politique ou de la branche militaire, sont convaincus que la prochaine guerre viendra et que rien ne sert de tenter de l’éviter.

Pour l’heure, le camp modéré au sein du Hamas parvient, difficilement, à mener la politique de l’organisation. Mais, dans le même temps, la branche militaire entend les critiques de ses partisans. Le Hamas souhaite peut-être un délai supplémentaire pour pouvoir améliorer ses capacités, mais il est tout à fait possible que certains de ses membres estiment qu’il est temps de tester à nouveau les rapports de force face à Israël.

Ces sentiments sont renforcés par l’attentat à Jérusalem. D’une manière générale, de tels attentats ne s’improvisent pas en une nuit. Malgré cela, il est difficile d’ignorer le moment qui a été choisi pour le commettre. Il est possible que les poseurs de bombe, qui avaient presque terminé leurs préparatifs, aient décidé de commettre l’attentat sans attendre, à cause des derniers événements. Quoi qu’il en soit, la succession d’événements risque de pousser les deux camps à des réactions précipitées qui pourraient déraper.

L’attitude que doit adopter Israël face au Hamas n’est pas simple. Le piège est le suivant : Si Israël réagit avec force, le rapport des forces au sein de l’organisation changera en faveur de ceux qui poussent à l’escalade. Si Israël agit avec retenue, le Hamas l’interprétera comme une faiblesse./.
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Dernière modification, le 25/03/2011

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