REVUE DE PRESSE. Mardi 20 septembre 2011

Tous les jours, les meilleurs articles de la presse israélienne traduits en français

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Les Titres
Haaretz (Le pays)

Comment Israël a délaissé
la lutte à l’ONU}
The Jerusalem Post

Il n’y aura pas de compromis sur la reconnaissance de l’Etat juif, affirment des officiels israéliens

Maariv (Le soir)

Abou Mazen :
On ne peut plus faire machine arrière

Yediot aharonot

La bataille du Conseil de sécurité

ISRAËL - PALESTINIENS

Mahmoud Abbas a fait savoir au secrétaire général de l’ONU : Je m’adresserai au Conseil de sécurité / Avi Issacharof, Barak Ravid et Natacha Mozgovaya – Haaretz

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (Abou Mazen), a fait savoir hier au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, qu’il est déterminé à déposer une demande au Conseil de sécurité afin que celui-ci admette la Palestine comme membre à part entière de l’ONU et à réclamer la reconnaissance par l’ONU d’un Etat palestinien. Abou Mazen a affirmé qu’il déposerait une demande écrite vendredi, après son discours devant l’assemblée générale des Nations-Unies.

Une fois la demande déposée, le secrétaire général mettra en place une sous-commission du Conseil de sécurité qui examinera si les Palestiniens répondent aux critères nécessaires pour devenir un Etat. Cette sous-commission devra rédiger un rapport dans lequel elle recommande ou non d’admettre la Palestine en tant qu’Etat-membre. Ce n’est qu’ensuite que les membres du Conseil de sécurité voteront pour approuver ou non les conclusions du rapport.

La procédure au Conseil de sécurité peut durer quelques jours seulement, comme cela a été le cas avec le Soudan du Sud, mais elle peut aussi se prolonger plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Selon un responsable israélien, les Américains auraient pressé Mahmoud Abbas de s’adresser au Conseil de sécurité plutôt qu’à l’assemblée générale pour pouvoir retarder la demande au sein de la sous-commission.

Si Mahmoud Abbas s’adresse uniquement au Conseil de sécurité, cela signifie qu’il rentrera à Ramallah sans avoir obtenu de reconnaissance officielle de l’Etat palestinien. Un tel échec diplomatique risque de lui nuire mais il laisse aux Palestiniens la possibilité de continuer à demander au Conseil de sécurité qu’il accepte la Palestine comme Etat-membre.

Un scénario dans lequel l’Autorité palestinienne s’adresserait uniquement à l’assemblée générale inquiète beaucoup plus Israël car les Etats-Unis n’y ont pas de droit de veto et il sera plus difficile de contrôler le texte qui sera soumis au vote.

En route pour New York, Mahmoud Abbas a déclaré à des journalistes qu’il s’attend à « une période difficile » pour les Palestiniens. « Depuis que nous avons entamé cette démarche, nous subissons des pressions exceptionnelles », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre Netanyahu partira cette nuit pour New York où il rencontrera demain le président Barack Obama. Au bureau du Premier ministre on estime très peu probable que les Américains et l’émissaire du Quartette, Tony Blair, parviennent à rédiger une déclaration qui sera acceptée à la fois par la Russie, l’ONU et l’Union européenne, d’autant plus que les Palestiniens s’opposent au texte proposé et notamment à la reconnaissance d’Israël comme « Etat-nation du peuple juif ».

Pour l’heure on ignore si Mahmoud Abbas rencontrera Barack Obama à New York. Pour sa part, M. Netanyahu a dit hier qu’il souhaiterait rencontrer Mahmoud Abbas en marge de l’Assemblée générale : « J’appelle le président de l’Autorité palestinienne à entamer, à New York, des pourparlers directs qui se poursuivront à Jérusalem et à Ramallah. Je propose à M. Abbas d’entamer des négociations de paix plutôt que de perdre du temps avec des démarches unilatérales qui n’aboutiront à rien ».

Les ministres français et britannique des Affaires étrangères font pression sur les Palestiniens afin qu’ils ne s’adressent pas au Conseil de sécurité. Le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a mis en garde hier contre une « nouvelle explosion de violence » qui menace le Proche-Orient. « Le statu quo entre Israël et les Palestiniens est inacceptable et intenable », a-t-il déclaré. Pour M. Juppé, l’Etat palestinien sera « la meilleure garantie pour la sécurité d’Israël. Mais si les Palestiniens s’adressent au Conseil de sécurité, la décision ne passera pas ». Alain Juppé a rencontré hier Mahmoud Abbas et a fait savoir que le président Nicolas Sarkozy le rencontrerait aujourd’hui. « Les choses peuvent encore changer », a-t-il ajouté.

En attendant le vote de la Bosnie / Itamar Eichner – Yediot Aharonot

La situation au Conseil de sécurité est défavorable à Israël : Seuls trois pays – les Etats-Unis, l’Allemagne et la Colombie – ont annoncé qu’ils s’opposeraient à l’admission de l’Autorité palestinienne comme 194e Etat membre de l’ONU. Pour que la demande palestinienne soit adoptée, il faut qu’elle soit approuvée par neuf des quinze membres du Conseil de sécurité. Pour l’heure, il semble que huit pays tendent à soutenir la demande palestinienne : la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, la Russie, le Liban, le Nigeria et le Portugal. Hier encore, le Portugal était considéré comme hésitant, mais en Israël on estime qu’il a cédé à la pression du bloc arabe. L’effort porte à présent sur les quatre pays définis comme indécis – la France, la Grande-Bretagne, la Bosnie-Herzégovine et le Gabon. Contrairement aux prévisions, la France est vue à présent comme le maillon faible du fait de sa volonté d’éviter une déception palestinienne qui, selon elle, conduira à une explosion de violence. En Grande-Bretagne, la situation est plus simple : Netanyahu s’est entretenu à plusieurs reprises avec le Premier ministre Cameron qui tend à s’abstenir. M. Cameron subit cependant la pression du ministère britannique des Affaires étrangères qui estime que, pour préserver les intérêts britanniques dans le monde arabe, il faut soutenir l’initiative palestinienne. Grâce aux pressions américaines, la Bosnie tend elle aussi à ne pas soutenir l’initiative palestinienne. Le président Gabonais, Ali Bongo Ondimba, devrait prochainement être approché par Binyamin Netanyahu, Avigdor Liberman ou Shimon Pérès afin qu’il se joigne au camp israélo-américain./.

Dernière modification, le 22/09/2011

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