REVUE DE PRESSE. Mardi 16 novembre 2010

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Les Titres
Haaretz (Le pays)

NETANYAHU CHERCHE A LIMITER LES PRIX DU LOGEMENT ; L’UNION DES ENTREPRENEURS EN BATIMENT : CE N’EST PAS SUFFISANT
The Jerusalem Post

LES REBELLES DU LIKOUD JETTENT LE DOUTE SUR LES PROMESSES AMERICAINES ET METTENT EN GARDE CONTRE UNE SCISSION AU SEIN DU PARTI AUTOUR DU GEL
Maariv (Le soir)

ELIAKIM RUBINSTEIN : « ISRAËL DOIT AGIR POUR OBTENIR LA LIBERATION DE JONATHAN POLLARD »

Yediot aharonot (Les dernières nouvelles)

BENNY BEGIN : « NOUS DEVONS RESPECTER NOS ENGAGEMENTS »

ISRAËL-PALESTINIENS

Une critique de l’intérieur / Itamar Eichner, Yuval Karni et Orly Azoulay – Yediot Aharonot

Pendant deux jours il s’est tu. Il a vu le Premier ministre parvenir à un accord avec les Etats-Unis sur un gel de la construction et a préféré garder le silence. Mais à présent, le ministre sans portefeuille Benny Begin prend la parole et se lance dans une campagne de persuasion, au sein du gouvernement et en dehors, contre la prolongation du gel.

« Le ciel ne nous tombera pas sur la tête si nous disons non à la proposition américaine. C’est quelque chose que nous avons déjà fait par le passé. Il faut se rappeler que la position américaine n’a rien de nouveau et que, par conséquent, il n’y a aucune raison de ne pas respecter l’engagement qui a été pris par le gouvernement de ne pas prolonger le gel. Les juristes disent parfois que les contrats doivent être respectés à moins que quelque chose de substantiel ait changé. Or là, rien de substantiel n’a changé », affirme Benny Begin.

« Une mauvaise idée », c’est ainsi que Begin qualifie l’accord qui prévoit une prolongation du gel de la construction de quatre-vingt-dix jours. « Mais ce n’est pas encore fait. Je vais tâcher de convaincre les Israéliens et mes collègues du gouvernement que c’est une mauvaise idée et qu’il faut respecter nos promesses ».

Benny Begin refuse de dire ce qui ce passera si ses tentatives de convaincre échouent et si le gouvernement approuve un nouveau gel de la construction. Pourrait-il démissionner ? « C’est une question hypothétique et les Sages du Talmud nous ont enseigné qu’il ne faut ni poser des questions hypothétiques, ni y répondre ».

En attendant, le groupe des « rebelles » du Likoud, qui s’opposent à la reprise du gel, s’est formé hier mais ne dispose pas pour l’instant d’un leader fort capable de faire face au Premier ministre. Ces députés attendaient impatiemment les déclarations de Benny Begin espérant que celui-ci brandisse l’étendard de la révolte. Mais, pour l’heure, Begin n’a pas l’intention de déclencher une crise. En effet, pour Benny Begin, il ne s’agit pas d’une bataille perdue qui nécessite une rébellion mais d’un désaccord et on peut encore convaincre les ministres de s’opposer au gel de la construction.

A ce stade, à la tête du groupe des « rebelles » figurent le ministre de l’Information, Yuli Edelstein, et le président du groupe parlementaire Likoud, Zéev Elkin. Cinq autres députés se sont joints à eux : Danny Danon, Tzipi Hotovely, Yariv Levin, Miri Réguev et Haïm Katz. Hier, ils se sont réunis à la Knesset et Danny Danon a adressé hier une lettre au grand-rabbin Ovadia Yossef lui demandant de modifier le vote des ministres du parti Shas afin qu’ils s’opposent au gel. Le grand-rabbin Yossef ne devrait pas réagir à cette lettre.

Même si dans l’entourage du Premier ministre on fait preuve d’un certain mépris envers ce groupe de rebelles, certains proches du Premier ministre ont exprimé leur colère vis-à-vis de Yuli Edelstein et de Zéev Elkin : « Si Edelstein ou Elkin s’opposent à la politique du Premier ministre Netanyahu, qu’ils démissionnent de leurs fonctions ».

Bien que les désaccords subsistent en Israël concernant le gel de la construction et qu’un vote au cabinet n’est pas encore à l’ordre du jour, les félicitations continuent à affluer en provenance des Etats-Unis. Après le président Obama, c’est la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, qui a déclaré hier : « C’est un développement encourageant qui traduit un effort sérieux de la part du Premier ministre. Je ne veux pas entrer dans les détails, je dirai juste que nous sommes en étroite liaison avec les Israéliens et les Palestiniens et travaillons sérieusement sur ce sujet ».

Reste que l’accord doit encore être approuvé par le cabinet restreint de sécurité. Demain, le cabinet doit se réunir mais ne débattra pas du gel. Pour l’heure on ignore quand le Premier ministre compte évoquer le sujet mais il est probable que ce ne soit pas cette semaine.

REGIONAL

Le cabinet devrait approuver demain le retrait de Tsahal de la partie nord du village de Rajar / Barak Ravid – Haaretz

Le Premier ministre Binyamin Netanyahu et le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, qui ne manquent jamais une occasion de critiquer les retraits unilatéraux du Liban et de la bande de Gaza, comptent faire approuver demain par le cabinet restreint de sécurité un retrait unilatéral d’un des points les plus sensibles le long de la frontière libanaise, le nord du village de Rajar.

Le Premier ministre a également déclaré depuis un an à plusieurs reprises qu’Israël ne pourrait pas compter sur des forces internationales pour défendre ses frontières, ce qui ne l’empêche pas de se retirer de la partie nord de Rajar sans être parvenu à un accord avec le gouvernement libanais et de céder à la FINUL la responsabilité d’empêcher les infiltrations de terroristes ou de délinquants en provenance du Liban.

Selon un haut fonctionnaire israélien, le commandant de la FINUL, le général espagnol Alberto Asarta, a fait récemment une nouvelle proposition qui annule toutes les négociations qui ont été menées depuis deux ans. Selon cette proposition, le statu quo qui prévalait avant la deuxième guerre du Liban, en juillet 2006, sera rétabli.

Cela signifie que la partie nord du village deviendra un no man’s land où ne stationneront ni Tsahal ni la FINUL. Les soldats de Tsahal surveilleront la frontière, mais uniquement dans la partie sud du village, tandis que les soldats de la FINUL se déploieront autour de la partie nord, en territoire libanais. Ainsi, personne n’aura le contrôle militaire de la partie nord.

Bien que la partie nord de Rajar soit un talon d’Achille important, il n’est prévu à ce stade aucun dispositif destiné à empêcher que des activistes du Hezbollah s’introduisent dans le village hormis un engagement oral de la part de la FINUL.

Le cabinet devrait ordonner mercredi à Tsahal et au ministère des Affaires étrangères d’entamer des pourparlers intensifs avec la FINUL pour élaborer des dispositifs de sécurité qui seront approuvés par le cabinet dans un mois. Le cabinet fixera alors la date du retrait des forces israéliennes.

Le bureau du Premier ministre s’est refusé hier à tout commentaire à ce sujet.

Gaby Ashkenazi : Le Hezbollah risque de prendre le pouvoir au Liban suite au rapport sur l’assassinat de Rafiq Hariri / Amos Harel – Haaretz

Deux hauts responsables des services de sécurité israéliens ont tenu ces deux derniers jours des propos qui surprennent par leur franchise. Le chef d’état-major, Gaby Ashkenazi, et le directeur du Shabak, Yuval Diskin, ne seront probablement pas félicités pour leur attitude « politiquement correcte » et leur respect des sensibilités régionales, mais ils disent la vérité. Aussi bien au Liban qu’à Gaza, la situation n’est guère encourageante.

Le chef d’état-major, en déplacement au Canada, a déclaré hier à ses hôtes que le Liban risque de tomber aux mains du Hezbollah après que seront inculpés les assassins présumés du Premier ministre Rafiq Hariri. Le directeur du Shabak a lui déclaré avant-hier, lors d’une rencontre avec des journalistes étrangers, que l’Egypte, si seulement elle le souhaitait, pourrait mettre fin en vingt-quatre heures à la contrebande d’armes à destination de Gaza.

Les propos du général Ashkenazi font écho à une source d’inquiétude de plus en plus vive : la situation interne au Liban. Le tribunal international semble pour l’heure déterminé à juger plusieurs hauts responsables du Hezbollah pour leur implication dans l’assassinat du Premier ministre Hariri. Sauf report de dernière minute, les actes d’accusation devraient être déposés le mois prochain. En Israël on ne versera pas de larme face à la détresse du Hezbollah, mais on envisage aussi la possibilité que l’organisation assiégée ébranle le régime actuel pour s’en sortir. Cela pourrait bien sûr avoir des conséquences sur la situation le long de la frontière, même si les services de renseignement estiment que le Hezbollah ne souhaite pas de nouvel affrontement avec Israël.

Les propos de Yuval Diskin ont été attribués tout d’abord à un « haut responsable des renseignements israéliens » qui a affirmé aux journalistes étrangers que des roquettes d’une portée de quatre-vingts kilomètres ont été introduites dans la bande de Gaza pour permettre au Hamas de viser à l’avenir Tel Aviv. Quelques heures plus tard, la presse étrangère révélait que l’auteur de ces déclarations n’est autre que le directeur du Shabak.

Le Shabak s’attendait semble-t-il à ce que l’identité de ce « haut responsable » soit révélée. Diskin avait d’ailleurs tenu des propos semblables, un peu moins catégoriques peut-être, au conseil des ministres et devant la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset. Au Caire aussi on sait que c’est là la vérité et il semble que sur cette question de la contrebande d’armes, Israël n’ait pas besoin de prendre de précaution pour ne pas agacer les Egyptiens. Cinq ans après le retrait de la bande de Gaza, face à une lutte contre la contrebande aux résultats si modestes, Israël a le droit de se plaindre à haute voix./.

Dernière modification, le 16/11/2010

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