L’Ambassadrice de France Hélène le Gal à la cérémonie du souvenir de Roglit

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Comme chaque année, une cérémonie du souvenir était organisée jeudi 2 mai à Roglit par l’association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France. L’ambassadrice Hélène Le Gal et les représentants consulaires se trouvaient aux côtés de Régine Lippe, du comité français pour Yad Vashem, et de nombreux représentants d’associations et de membres de la communauté Franco-israélienne pour honorer la mémoire des 80,000 Juifs de France déportés et assassinés durant la Seconde guerre mondiale.

Discours de Mme l’Ambassadrice Hélène le Gal :

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

J’ai l’honneur de me tenir à vos côtés pour la troisième année consécutive, à l’occasion de cette journée du souvenir de la Shoah organisée par les fils et filles des déportés juifs de France. Je ressens toujours une vive émotion, que je suis heureuse de partager avec vous.

Nous sommes rassemblés pour honorer la mémoire des plus de 6 millions de victimes juives de la barbarie nazie, et plus particulièrement des 80 000 victimes de France, dont beaucoup de nos concitoyens et compatriotes, déportés – et nous ne l’oublierons jamais – grâce à la collaboration active des autorités françaises de Vichy.

Ces derniers mois ont été marqués par la disparition de plusieurs figures de la transmission de la mémoire de la Shoah : Claude LANZMANN, Marceline LORIDAN, Georges LOINGER. Saluons leur combat héroïque contre l’inexorable travail d’oubli du temps. L’été dernier, le peuple français tout entier a célébré la mémoire de Simone Veil, dont l’entrée au Panthéon est venue rendre hommage à la femme, qui puisa dans l’indicible horreur des camps la force de faire grandir encore les valeurs universelle de la France.

Malheureusement, bien que plus de 70 ans se soient écoulés depuis la fin de la guerre, nous ne pouvons que constater la persistance des crimes antisémites au XXIe siècle en France et en Europe. J’évoquais avec émotion en ces lieux l’année dernière le destin tragique de Mireille Knoll. La situation demeure extrêmement préoccupante, comme l’évoquait sans détour et avec franchise le président de la République Emmanuel Macron le 20 février dernier.

Énumérons comme lui les nombreux martyrs français, récemment assassinés parce qu’ils étaient juifs : Mireille KNOLL, Sarah HALIMI, Ilan HALIMI dont le mémorial a été profané, Philippe BRAHAM, Yohan COHEN, Yoav HATTAB et François-Michel SAADA, les victimes de l’attentat de l’Hyper Cacher de janvier 2015, Jonathan SANDLER et ses fils Aryeh et Gabriel et la petite Myriam MONSONEGO, victimes de l’attentat de Mohammed Merah contre l’école Ozar Hatorah de Toulouse.

Le président a reconnu que les autorités n’avaient pas su agir efficacement et n’a pas hésité à parler d’échec. Il s’est engagé à prendre des actes concrets, « tranchant » selon ces propres termes. A commencer par dénoncer ceux qui se cachent derrière le rejet d’Israël pour en nier l’existence même et poursuivre leur vénéneuse campagne de haine antisémite. C’est la raison pour laquelle il a confirmé que la France mettrait en œuvre la définition de l’antisémitisme adoptée par l’Alliance internationale pour la mémoire de la SHOAH, qui permettra de préciser et de raffermir les pratiques de nos forces de l’ordre, de nos magistrats, de nos enseignants.

Le constat amer porté par le président de la République doit nous mobiliser plus fortement que jamais pour mettre fin à des actes barbares qui mettent en péril les valeurs de la République. C’est le sens des nombreuses mesures prises par le gouvernement français afin de poursuivre et punir les auteurs de crimes antisémites, de lutter en particulier contre les discours de haine sur Internet et les réseaux sociaux, en adoptant par exemple une nouvelle législation permettant la suppression des contenus racistes et antisémites.

Le président a également donné des instructions claires en vue de dissoudre les associations radicales qui nourrissent la haine et la discrimination. Il s’agit enfin d’œuvre partout, notamment dans les écoles, pour éduquer, transmettre la mémoire des génocides et des valeurs républicaines, combattre les préjugés.

Cette profonde émotion qui nous traverse toutes et tous à l’évocation des terribles témoignages de la Shoah doit être une source inépuisable d’énergie pour faire en sorte que ce drame absolu ne se reproduise jamais. Nous conservons à l’égard des martyrs de la Shoah, déshumanisés et assassinés parce que Juifs, une dette imprescriptible. La France se tiendra toujours, avec vigilance et lucidité, aux côtés du peuple juif, en France et en Israël, pour que vive cette mémoire face aux puissances de l’oubli et aux ravages de la haine.

Dernière modification, le 13/05/2019

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