TRIBUNE. "La fin d’une dictature"

Tribune de l’ambassadeur de France en Israël, Christophe Bigot, parue dans le quotidien Israël Hayom du 28 août 2011

La fin de la dictature du colonel Kadhafi est aujourd’hui plus proche que jamais. Une nouvelle page se tourne dans l’histoire de la Libye.

Ce qui se déroule à Tripoli nous concerne tous : l’humanité évolue vers un monde où les dictatures n’ont heureusement plus de place. Cela prendra encore du temps ; mais chacun doit en tirer les conséquences. Nous souhaitons que ce mouvement, né du printemps arabe, né du geste d’un seul homme, un tunisien désespéré, se prolonge dans toute la région.

Il est temps que le peuple syrien respire lui aussi librement, comme l’a dit le Président Sarkozy, les syriens ont eux aussi droit à la démocratie. Si la Syrie n’est pas la Libye, il faut que les aspirations des syriens soient satisfaites et que Bachar el Assad quitte le pouvoir, comme les Présidents Sarkozy et Obama et les Premiers Ministres Merkel et Cameron viennent de le demander.

Rien ne peut se faire sans le courage des peuples. Il faut saluer ici l’opiniâtreté et l’unité de l’opposition libyenne, le rôle clef du Conseil national de transition.

Il faut mettre au crédit de la communauté internationale d’avoir su réagir rapidement et avec efficacité, sous l’action conjuguée des Nations unies et de l’Otan et avec l’appui de nombre de pays arabes. La résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, proposée par Alain Juppé avec le Royaume Uni, première application de la responsabilité de protéger, a fixé le cadre légal de l’intervention internationale. Ensuite, sur le plan militaire, l’intervention patiente et ciblée de l’OTAN, avec au premier chef les moyens aériens de la France et le Royaume Uni, et l’appui des Etats-Unis a payé. La détermination politique, les pressions, le recours à la force dans le respect du droit international a évité un massacre et ouvert la voie de la liberté.

Pensons maintenant à l’avenir. Les nouvelles autorités libyennes auront besoin que toute la communauté internationale s’engage à ses côtés, l’accompagne et l’aide. Cette mission nécessitera bien des efforts, et la Libye aura besoin de tout le soutien qu’elle pourra obtenir. C’est pourquoi le Président Sarkozy a proposé la tenue d’un sommet international très large, dès le 1er septembre, pour fixer ce nouveau plan d’action aux côtés des autorités libyennes.

Le Président du Conseil National de Transition libyen, M. Jibril, a appelé à écarter toute idée de vengeance ou de revanche. Avec raison. Il faut favoriser la réconciliation nationale entre toutes les factions et préparer des élections. Il appartient aux Libyens et à eux seuls de choisir leur destin et de construire la Libye nouvelle et démocratique. Ce chemin est difficile mais il a valeur d’exemple ; il est essentiel pour toute la Méditerranée. En ce qui la concerne, la France prendra toutes ses responsabilités pour aider les libyens à écrire cette nouvelle page de leur histoire.

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Dernière modification, le 06/11/2012

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