Discours pour la soirée d’inauguration locale de la Présidence française

(Musée de Tel Aviv, 7 juillet 2008)

Yedidim yekarim, brouhkim aba’im,

Don’t worry, I will, now, go on with French, with the precious help of Gisèle.

Je veux donc, d’abord, vous souhaiter la bienvenue et vous remercier, très chaleureusement, vous tous qui êtes présents ici ce soir, et en particulier les Ministres, Parlementaires, Conseillers élus des Français d’Israël, nos collègues et amis du Ministère israélien des Affaires étrangères, et bien sûr aussi, tous nos collègues au quotidien, nos cousins, des Ambassades des Etats membres de l’Union européenne et de la Commission.

Je veux, surtout, remercier Haïm Ramon, vous remercier personnellement, Monsieur le Vice-Premier Ministre, d’être présent avec nous ce soir, au nom du Gouvernement d’Israël, vous qui entretenez une relation de fraternité étroite avec l’Europe et avec la France, et en particulier avec notre Ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

Nous avons souhaité marquer le commencement du semestre de présidence française de l’Union européenne, ici, à Tel Aviv, en musique : par une fête qui, à la fois célèbre le début de ces six mois de travail ardu, mais qui en même temps clôture les deux mois de festivités musicales que l’ambassade de France vient d’organiser, dans tout le pays, ces dernières semaines, en hommage aux 60 ans de l’Etat d’Israël.

Nous somme heureux, nous Français, que notre devoir de présidence coïncide, en cette année 2008, avec l’anniversaire d’Israël. Nous sommes heureux et fiers que le Président de la République française soit venu ici, quelques jours à peine avant le début de notre Présidence européenne, pour redire notre amitié de toujours pour le peuple juif, pour l’Etat d’Israël, et partager avec lui nos espoirs de paix.

Un semestre de présidence européenne, c’est un moment bref et intense, un exercice de modestie, avant tout. Il nous faut, d’abord, avec la Commission et avec les autres Etats membres, assurer le bon fonctionnement de l’Union et faire face aux priorités qui sont les nôtres. Je les rappelle brièvement : le défi de l’approvisionnement en énergie, de plus en plus rare et chère, et celui de lutter contre le réchauffement climatique, qui menace toute la planète ; le défi des migrations, enjeu majeur pour l’Europe et pour l’avenir de la zone euro-méditerranéenne ; cet autre défi mondial qu’est la sécurité alimentaire ; enfin, les efforts à conduire pour renforcer les capacités de sécurité et de défense de l’Europe dans le Monde. Ce programme de travail de la présidence française sera, bien sûr, accompagné d’une saison culturelle européenne, une saison qui à la fois, reflète la civilisation que nous avons en commun, mais aussi la très profonde diversité de langues et de cultures qui est la marque même de l’Europe.

Car nous devons mener notre tâche en essayent de rendre au projet européen, un des projets politiques majeurs du 20ème siècle (et de ce 21ème siècle !), sa popularité auprès des citoyens d’une Europe qui compte maintenant près de 500 millions de ressortissants. Nous devons le faire en tenant compte de nos difficultés de politique intérieure : car nous en avons aussi en Europe, comme cela existe dans d’autres pays du Monde… Nous allons ainsi avancer, tout en prenant en considération le vote négatif qui a été exprimé par le peuple irlandais (et qu’il faut respecter) sur le nouveau traité européen, le traité de Lisbonne, qui vise à doter l’Union d’institutions plus efficaces. Nul doute que nous y parviendrons, en faisant preuve d’imagination politique, comme on sait le faire chaque jour en politique israélienne !

Parmi les tâches majeures de l’Union au cours des six prochains mois, il y a aussi, bien sûr, celle de donner corps au rehaussement, à l’ « upgrade » des relations entre l’Europe et Israël. C’est un nouveau chapitre de notre histoire commune qui s’est ouvert lors du dernier Conseil d’Association entre l’Union et Israël, le mois dernier, à Luxembourg, sous la présidence de la Slovénie. Israël aspire à être le voisin le plus proche, le plus intime, de l’Europe : nous sommes déterminés à avancer hardiment avec lui dans cette voie.

Tout comme nous sommes déterminés à conduire le renouvellement du partenariat euro-méditerranéen, en commençant par réussir le Sommet fondateur de l’Union pour la Méditerranée, qui se tiendra, à la fin de cette semaine, le 13 juillet, à Paris. C’est à Israël et à ses partenaires arabes, et au premier chef à l’Autorités palestinienne légitime, qu’il appartient de négocier pour conclure la paix et mettre ainsi fin à un conflit qui n’a que trop duré. Mais l’Europe se tient prête à vous soutenir dans cet effort, à apporter les garanties nécessaires à un accord de paix, comme le Président Sarkozy l’a si fortement rappelé dans son récent discours devant la Knesset.

L’Europe ne prétend pas se substituer aux parties, et encore moins s’ériger en modèle. Mais elle peut faire valoir son expérience, celle de la réunification d’un continent et de peuples que tant de conflits ont déchiré. Qui croyait, il y a soixante ans, sur les ruines de la Seconde guerre mondiale, à cette utopie qu’était alors le projet de réconciliation, de réunification, de toute l’Europe ? C’est ce message d’espoir que nous voulons porter en cet été 2008, en Europe, et au nom de l’Europe, dans ce Moyen-Orient si voisin de nos cœurs.

Pour conclure, quelques mots encore de remerciement aux organisateurs de cette soirée, et en particulier aux Services culturels de l’Ambassade de France et à l’Institut culturel français de Tel Aviv, et à notre fidèle partenaire dans cette opération, « Culturesfrances » ; aux sponsors, ces deux grandes entreprises françaises, au rôle majeur en Israël, que sont Véolia et BNP Parisbas ; et bien sûr, à notre hôte, ce soir, le Musée de Tel Aviv, et à son excellent directeur, Mordechaï Omer. Et merci, bien sûr, à l’orchestre de chambre d’Israël, dirigé par le Maestro Gil Shohat, au chœur Maayan, et à la cantatrice Christine Labadens. Après le magnifique programme de mélodies et d’airs français, qui a été spécialement conçu pour cet événement en Israël, nous aurons l’opportunité, pendant la réception qui vous sera offerte, de revoir la très belle collection d’art moderne du Musée de Tel Aviv, et en particulier de revisiter les œuvres des peintres européens de « l’Ecole de Paris ».

La fête va commencer. Mais je cède maintenant la parole au Vice-Premier Ministre Haïm Ramon, que je remercie encore, très amicalement, de sa présence ici ce soir. (Vive Israël ! et Vive l’Europe unie !)

Dernière modification, le 21/07/2009

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