Discours de l’ambassadeur de France en Israël, Jean-Michel Casa lors de l’enterrement d’Ilan Halimi à Jérusalem

En ce jour de recueillement et de douleur, c’est à la famille d’Ilan que vont mes pensées ; à vous surtout, Madame Ruth Halimi, sa maman, à vous dont la dignité et le courage nous bouleversent tous très profondément.

La mort d’un enfant est inconcevable ; au-delà du pensable, elle renverse l’ordre du monde, elle est une insulte à la terre et au ciel. La mort d’un enfant est plus intolérable encore quand elle est l’œuvre de tortionnaires barbares, un crime abominable que les mots ne peuvent dire.

 Ilan était un homme, jeune, débordant de vie, d’énergie et de joie. Le visage rayonnant qu’il y a un an, nous avons tous découvert, sur nos écrans de télévision, sur les couvertures des magazines, durant ces insupportables semaines de séquestration, puis avec cette mort, terrible . Ilan est devenu tous les hommes, au nom même de cette obligation entière, unique, profonde, qui est faite à chacun d’entre nous de respecter la vie.

Ilan était aussi un enfant, le vôtre, madame ; mais il est aussi devenu notre enfant, chaque enfant.

 Ilan était un Français, l’un des nôtres ; il est devenu tous les Français ; des Français stupéfaits qu’un tel acte, en deça de l’humain, ait pu être commis, ait même été possible.

Ilan était juif, se sentait juif, se pensait juif. La haine qui a servi de terreau à cette violence, à ce déchaînement de haine et d’abjection, à ce crime, fait obligation à la société française toute entière de se remettre en cause, de se mobiliser pour combattre toute résurgence du poison de l’anti-sémitisme, sans la moindre concession. C’est une obligation, et qui vaut pour l’humanité toute entière, à ne jamais baisser la garde, à ne jamais détourner les yeux devant le retour possible du monstre, à ne rien laisser passer.

 Nous avons encore en mémoire l’immense manifestation de soutien du peuple français dans les rues de Paris, ou encore cet office religieux à la grande Synagogue de la rue de la Victoire, où le Président de la République est venu en personne témoigner de sa peine profonde et de son trouble, mais aussi du soutien de l’ensemble de la République française : car c’est la République aussi qui s’est sentie, avec l’assassinat d’Ilan, agressée, humiliée.

 Madame, la République vous devait la vérité sur la mort de votre fils. Aujourd’hui, tous les tortionnaires et les assassins d’Ilan ont été retrouvés, ont été arrêtés. Ils répondront de leur crime devant la justice, dont nous devons attendre légitimement la plus grande sévérité. Les autorités françaises feront tout pour qu’une telle tragédie n’arrive plus, plus jamais.

 Je voudrais encore partager avec cette mère – qui, aujourd’hui, est la mère de chacun d’entre nous - cette pensée, qui, je crois, vient du Talmud, et qui dit qu’"après leur mort, les Justes sont appelés vivants". Oui, Ilan est vivant, il restera pour toujours vivant dans nos coeurs. Au moment où il rejoint cette Terre Sainte, à Jérusalem, nous souhaitons avec ferveur que son corps et son âme reposent en paix.


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Photographies Guysen Israël News</EM
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Dernière modification, le 21/07/2009

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