Salle comble à l’Institut français de Haïfa pour écouter Delphine Horvilleur

L’Institut français de Haïfa a invité la rabbin Delphine Horvilleur pour une présentation de son dernier ouvrage publié : “Réflexions sur la question antisémite” au cours d’une conférence animée par Roselyne Dery, attachée pour le livre de l’Institut français en Israël.
Vous êtes venus très nombreux pour l’écouter.

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Le lundi 6 mai 2019 à 19H à l’Institut français de Haïfa, Delphine Horvilleur nous a emmenés aux sources de l’antisémitisme dans une exploration virtuose de cette haine pas comme les autres au cours d’une conférence sur ses "Réflexions sur la question antisémite" animée par Roselyne Dery, attachée pour le livre de l’Institut français en Israël.

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Sartre avait montré dans Réflexions sur la question juive comment le juif est défini en creux par le regard de l’antisémite. Delphine Horvilleur choisit ici de retourner la focale en explorant l’antisémitisme tel qu’il est perçu par les textes sacrés, la tradition rabbinique et les légendes juives.
Dans tout ce corpus dont elle fait l’exégèse, elle analyse la conscience particulière qu’ont les juifs de ce qui habite la psyché antisémite à travers le temps, et de ce dont elle « charge » le juif, l’accusant tour à tour d’empêcher le monde de faire « tout » ; de confisquer quelque chose au groupe, à la nation ou à l’individu (procès de l’« élection ») ; d’incarner la faille identitaire ; de manquer de virilité et d’incarner le féminin, le manque, le « trou », la béance qui menace l’intégrité de la communauté.
Cette littérature rabbinique que l’auteur décortique ici est d’autant plus pertinente dans notre période de repli identitaire que les motifs récurrents de l’antisémitisme sont revitalisés dans les discours de l’extrême droite et de l’extrême gauche (notamment l’argument de l’« exception juive » et l’obsession du complot juif).
Mais elle offre aussi et surtout des outils de résilience pour échapper à la tentation victimaire : la tradition rabbinique ne se soucie pas tant de venir à bout de la haine des juifs (peine perdue…) que de donner des armes pour s’en prémunir.
Elle apporte ainsi, à qui sait la lire, une voie de sortie à la compétition victimaire qui caractérise nos temps de haine et de rejet.

Dans le cadre de son voyage d’études et de rencontres en Israël et territoires palestiniens, l’association Pax Medicalis, regroupant des professionnels de santé de toutes confessions et nationalités, propose un programme de conférences et rencontres en partenariat avec l’Institut français d’Israël.

Dernière modification, le 21/05/2019

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