Cérémonie d’hommage à Madame Mireille Knoll (23 mars 2023)

Jeudi 23 mars 2023, une cérémonie de commémoration en hommage à Mme Mireille Knoll s’est tenue à la Résidence de France, à l’initiative de l’Association Mireille Knoll et en présence d’une partie des membres de sa famille et du Président du Consistoire central de France, M. Elie Korchia. Cette cérémonie fait écho aux commémorations organisées le même jour à Paris et en France.

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Jeudi 23 mars 2023, l’Ambassadeur de France en Israël, S.E.M. Eric Danon, a présidé une cérémonie d’hommage à Mme Mireille Knoll, assassinée à Paris le 23 mars 2018 parce que juive. Organisée à l’initiative de l’Association Mireille Knoll, et en particulier de son président Mickaël Szerman et du responsable de sa branche israélienne David Castro, cette émouvante cérémonie a rassemblé une quarantaine de proches parmi lesquels Daniel Knoll, fils de Mireille, et Elie Korchia, président du Consistoire central. M. Alan Knoll, second fils de Mireille, est intervenu par visioconférence depuis Paris. Après la projection d’un film sur l’histoire de Mireille Knoll, la cérémonie s’est conclue par l’allumage d’une bougie et l’observation d’une minute de silence en l’honneur de Mme Knoll et de toutes les victimes de l’antisémitisme, du racisme et de la haine.

Extraits des interventions :

S.E.M. Eric Danon, Ambassadeur de France en Israël

« Il est des dates qui marquent la conscience plus que d’autres. Le 23 mars 2018, alors qu’une France meurtrie priait pour le salut du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, héros d’une prise d’otages survenue quelques heures plus tôt, les pompiers pénétraient dans un appartement de l’avenue Philippe-Auguste, à Paris, et découvraient le corps sans vie de Mireille Knoll.

Mireille était une dame vénérable dont la douceur et le sourire éclairaient le quotidien de ceux qui la croisaient. Une voisine tranquille au visage familier, dont les sorties se faisaient un peu plus rares que par le passé. Mais Mireille était aussi juive. Ayant échappé de peu à la rafle du Vel d’Hiv, mariée à un rescapé d’Auschwitz, elle avait appris à reprendre le cours de sa vie, une vie marquée au fer rouge de l’Histoire.

Or ce 23 mars 2018, Mireille tombait sous les coups du même obscurantisme barbare qui, 70 ans plus tôt, avait plongé l’Humanité dans la plus absolue des ignominies. L’antisémitisme (...) traçait alors en lettres de sang une nouvelle page de son antique et terrible histoire. (…)

C’est parce que la France se souvient des horreurs du passé, et parce qu’elle mesure la persistance voire la dissémination des poisons de l’antisémitisme et du racisme, qu’elle poursuivra son combat, en tout temps et sous toute latitude. Au-delà de l’émotion, au-delà du devoir sacré de mémoire qui nous rassemble ici aujourd’hui, l’Etat a un devoir d’action. »

M. Elie Corchia, président du Consistoire

« Qui aurait pu imaginer que plus de 70 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, dans notre pays en France, on puisse encore tuer quelqu’un comme Mme Knoll, quelques années après avoir tué des enfants et un papa devant une école, tout simplement parce qu’ils étaient de confession juive ? (…) Au nom de la communauté juive de France, je remercie la République de se tenir, aujourd’hui encore, au côté des familles de ces innocentes victimes. »

M. Daniel Knoll, fils de Mireille Knoll

« La vie de maman, Mireille Knoll, s’est brusquement interrompue le 23 mars 2018 lorsqu’elle a été assassinée chez elle par un ami qu’elle connaissait depuis qu’elle avait l’âge de 8 ans. Les circonstances de son décès ont choqué la nation française et une grande partie du monde. Elles ont mis en évidence les préjugés et la haine qui persistent encore dans nos sociétés. (…) Nous remercions aujourd’hui Monsieur l’Ambassadeur de France en Israël, qui a accepté d’accueillir cette cérémonie d’hommage, en l’honneur de Mireille Knoll mais aussi de toutes les victimes de la haine et de la barbarie. »

Le 23 mars 2018, le corps de Mireille Knoll, 85 ans et rescapée de la Rafle du Vel d’Hiv, était retrouvé sans vie et brûlé en son domicile de Paris. La justice française a d’emblée reconnu le caractère antisémite de l’assassinat. Dans son discours d’hommage au colonel Arnaud Beltrame, tombé le jour même, le Président de la République Emmanuel Macron condamnait avec la dernière fermeté l’« obscurantisme barbare (…) qui a ainsi profané nos valeurs sacrées et notre mémoire ». Le 10 novembre 2021, la cour d’assises de Paris a condamné le meurtrier de M. Knoll à la réclusion criminelle à perpétuité. Son co-accusé a été acquitté pour le meurtre mais condamné à une peine de 15 ans de réclusion assortie d’une peine de sûreté de deux tiers pour le vol de la victime.

Dernière modification, le 02/05/2023

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